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Aujourd'hui !

(Sœur Myrian, Continuez l’Evangile, Ed. Olivétan, 2008, p 374)

Une vague se forme au fond de l’océan. Elle n’occupe pas encore l’horizon, mais elle s’augmente avec la montée des eaux et voici qu’elle pourrait nous engloutir, immense, sombre elle fait un bruit de canon, une rumeur sans pareil et ceux qui l’approchent défaillent de frayeur.

Ainsi notre texte en ce jour. Il commence par le Temple détruit et va s’augmentant, de détresse en détresse. Pour saisir quelque peu ce mouvement irrépressible il faut lire tout le chapitre 21 de Luc, s’armer de courage et regarder, entendre, le bruit assourdissant que font les destructions, lorsque les hommes rendent l’âme de frayeur.

Cette lecture inaugure les récits de la Passion (Luc 22) comme si ce grand vent de tempête allait, parmi tous les vivants passer par Jésus, l’enlever, l’élever de terre, le faire périr, lui, comme s’il était seul. Le seul sur qui jeter toutes les haines, - le seul aussi auquel on n’extorque pas l’amour, ni même la vie : il les donne.

Il faudrait après ces lignes un point d’orgue, un temps pour méditer de ces choses. C’est le philosophe Paul Ricoeur qui me le donne. Il me le donne comme une évidence de laquelle dépend toute sa foi :

« Je fonde ma compréhension du monde, des autres et de moi-même sur la figure symbolique du serviteur souffrant. »

Je me sens loin encore de cet enracinement que rien ni personne ne pourrait ébranler mais je cache ma vie dans ce que j’en comprends et dans ce que j’en ignore. Il n’est pas nécessaire de tout comprendre pour contempler. Il faut croire des hommes qui, à leur manière, tirent les cordages du monde et ceux de l’Eglise combattante vers une plage de liberté et d’audace spirituelle.

Notre texte (Lc 21) témoigne d’une autre Voix : comment se comporter, comment vivre, comment bien parler de Dieu, comment persévérer lorsque les événements obscurcissent nos regards ?

Jésus en énonçant l’enfer du monde car s’il existe, c’est cela l’enfer – trace une route au milieu des eaux pour que nous traversions, nous aussi à pied sec :

Prenez garde à vous-mêmes – ne soyez pas effrayés. Devant les délations et les mensonges je vous donnerai une bouche et des mots. Veillez. Ecarquillez vos yeux pour défier les ténèbres. C’est l’heure des ténèbres mais c’est aussi l’heure des fils de la lumière, des enfants de ma Résurrection. Relevez vos têtes. Continuez la vie, continuez le chant interrompu par la peur et le chagrin. Cherchez mon Royaume au milieu de vous. Des êtres merveilleux sont là comme des traces de Dieu – comme un sourire, comme un souffle venu de loin pour qu’on respire.

Tag(s) : #Préparer le Dimanche

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