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Lâcher la ceinture de la loi ! (Mt 5, 17-37)

(Denis Vasse, L'Autre du désir et le Dieu de la foi, Seuil, 1991, p 225-226)

Quand les genoux de notre prétention imaginaire fléchissent devant le don incompréhensible de la vie, l'homme intérieur se fortifie. Il s'enracine dans l'amour d'un Père de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom. Là où l'image de l'homme selon la loi se heurte et se brise, là se répand l'esprit selon la promesse de celui qui appelle à l'existence sans raison, par amour. Toute paternité charnelle ou spirituelle ne peut être que métaphorique de ce don, de l'acte originaire de la Vie. ....... La porte que je dois franchir pour aller à la rencontre de l'Autre et vivre de lui est ouverte depuis toujours. C'est moi qui la ferme en voulant connaître ce qui parle au moyen de la loi du langage déconnectée du don de la parole. Cette fermeture se paye du prix de me faire vivre par moi-même et de m'autonommer Sujet de la Loi en tentant d'y satisfaire. En voulant ouvrir par moi-même, je ferme. Lorsque l'homme lâche la ceinture de la loi à laquelle il croyait satisfaire, dans sa course, parce qu'il l'avait lui-même nouée autour de ses reins, il étend les mains vers celui qui, le premier et sans qu'il le sache, l'a depuis toujours, en lui donnant la vie, noué à lui dans l'amour. Sur ce bord, à cette limite, il apprend à marcher vers le Père avec la hâte de l'Esprit qui découvre en lui ce qu'il cherchait hors de lui. L'Autre devient sa demeure, son corps.

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