Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ascension : Joie dans nos frères !

Au jour de l’Ascension, après que le Christ eut été soustrait à leurs regards, les disciples s’en retournèrent pleins d’une grande joie. Joie étrange !

 

Le visage du Seigneur se soustrait à leurs regards et à leurs sens, et avec lui, l’expérience immédiate de sa gloire.

Déjà le cœur des disciples avait connu la joie lorsque, au premier jour de la semaine pascale, la lumière mystérieuse de la gloire les avait atteints, émanée du visage du Christ.

L'événement de Pâques avait créé une nouvelle proximité du Seigneur, mais - telle est du moins mon opinion - visible et ressentie par les seuls sens intérieurs.

 

Alors resplendissait sur le visage de Jésus l'éclat de la grande réconciliation et de la miséricorde. C’était là précisément cette lumière qui « brillait plus claire que le soleil, dont l'éclat était plus pur que celui de la neige ».

Et le coeur des disciples en était transformé. L'indicible les avait touchés, leur coeur était brûlant en eux.

 

Mais au jour de l'Ascension s'est produit un changement autrement important.

Précisément par le départ du Christ, la joie des disciples trouve sa pleine mesure et parvient à un nouvel état de perfection et de maturité. C'est ainsi qu'ils s'en retournèrent, pleins d'une grande joie, dans ce monde si petit qui était le leur.

Entièrement disparu à leurs sens, le Seigneur était désormais dégagé du cadre étroit des représentations humaines et de toute possibilité de représentation; il entrait dans un état de perfection que nul oeil n'a jamais vu, que nulle oreille n'a entendu et qui n'est jamais venu dans le coeur d'aucun homme.

 

Contrairement au penchant naturel de l'homme, il était soudain devenu évident aux disciples qu'ils devaient désormais chercher la joie dans l'invisible, au-delà de tout visible, et qu'ils pouvaient par conséquent trouver la joie partout, parce que le Christ est partout présent.

Désormais, pour trouver la joie, l'homme ne doit plus « regarder le ciel avec étonnement », mais se livrer aux tâches terrestres. Et par-là, le frère devient le lieu de la joie.

Et les disciples commençaient à éprouver ainsi que l'invisible et l'indicible résident dans le visible.

 

 

(Luc Bovon, Rencontrer Dieu dans l’homme, p73)

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :