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(MARGRON Véronique, La Croix, 3 Juillet 2004)

Il semblerait que l'on ne sache plus bien si la nature existe. Nature humaine, tant nos moeurs et mentalités semblent se déplacer, nature de la terre, tant la technoscience la modifie. Pourtant une chose reste sûre, la nature a horreur du vide ! (…)

Peut-être faut-il faire le vide pour y comprendre quelque chose. Et, pendant que nous y sommes, le vide sur bien d'autres choses. Entrer dans un peu de silence. De page blanche. En nous, entre nous. Écouter nos silences. Non ceux lourds de soupçons ou de reproches. Le simple silence de qui cherche à comprendre et n'a pas déjà tous les arguments tout prêts. Le silence de qui pressent les mélanges, les empêtrements où nous sommes tous. Le silence où, peut-être, advient un autre. Une nouvelle parole, humble et pourtant peut-être à la voix claire. Une parole qui nous dirait comment bien nous taire afin que les harmoniques du silence retentissent. Entre elles se glisse pour les chrétiens la parole du Christ. Chair en notre chair. Habitant le tréfonds de nos histoires et cherchant son chemin pour que nous l'acceptions, la recueillions.

Si l'été était un temps du silence ? Pour le silence. En allant écouter sa musique dans monastères et abbayes peut-être. Simplement dans le torrent de la montagne ou le bruissement des brins d'herbe. Mais surtout pour l'écouter en nous-mêmes, sans crainte. Un espace vide. Non pour qu'il soit rempli. Seulement pour respirer, se déplacer.

Si le vide avait alors comme une qualité essentielle ? Celle de nous ouvrir à l'espérance. Entendre d'une autre écoute : ces presque rien qui infléchissent le sens des jours. Poser ses valises. Celles de la fatigue et parfois de l'amertume des rapports humains, celle du stress et de la pression de la réussite et de l'efficacité.

Le vide paradoxalement pour tout prendre de la vie. Ne rien mettre de côté, et croire qu'en ce lieu du vide, entre ivraie et bon grain, l'espérance doit être semée. Nous écouterons plus tard ce que disent les moissons ; et alors nous jugerons.

Recueillir le vide tel ce pas des marcheurs

Rien d'autre que marcher, pour rester à hauteur d'hommes, noirs comme blancs ou métis. Hommes avant tout. Marcher pour l'espérance.


Bonne semaine à vous. Michèle

N'oubliez pas :
- Préparer le Dimanche
-Le mot du Dimanche 

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