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L'Evangile de ce Dimanche peut nous mettre mal à l'aise !
Il peut éveiller en chacun peurs et inquiétudes !
Et pourtant !
Ne nous parle-t-il pas tout simplement de fraternité !

Quelques pistes de réflexions comme d'habitude :
- Le mot du Dimanche
- Préparer le Dimanche

En prime, une réflexion sur la fraternité, lue dans la Croix de ce jour (26/09/09)
(Christine Gilbert, Animatrice de la Pastorale)

Des frères ou sœurs sont, par définition, des personnes que je ne choisis pas : elles me sont données nativement. C’est avec elles que je compose – ou pas – ma vie, que je me construis avec plus ou moins de bonheur. Quand on est humain, la fraternité n’est pas optionnelle, elle est à vivre ! En affirmant que tous les hommes sont frères, les chrétiens placent l’unique paternité de Dieu, mais aussi de multiples manières de vivre la fraternité.

On en trouve une figure dès le début de la Bible, avec le récit de Caïn et Abel. Au jardin d’Éden, Dieu se promène librement avec les humains, il n’y a pas de problème de fraternité. Dès que les hommes « atterrissent » (Gn 4), le problème se pose. La fraternité est ainsi l’histoire des démêlés de l’humanité entre ses membres et de leur relation à Dieu. Ce récit montre deux frères différents : Dieu aime la différence ! Caïn a été mis au monde sous le signe de la toute-puissance, Ève « a acquis un homme de par YHWH ». Mais cela n’a que peu d’intérêt ; ce qui compte est de s’orienter vers Dieu. Abel reçoit le jour comme frère de Caïn. Le projet de Dieu est d’être le Père de fils qui sont des frères et le considèrent comme Père, pas comme maître.

Abel offre la vie, un chevreau à Dieu ; Caïn offre le produit de la terre. Abel est en connivence avec Dieu, tourné vers la vie: Dieu et lui n’ont même pas besoin de se parler ! Dieu aime l’offrande d’Abel. Dieu parle à Caïn silencieux. Il lui propose deux attitudes : lever la tête vers le haut, vers lui, ou se laisser envahir par ses sentiments contradictoires, se ronger de l’intérieur. Proposition biblique, donc pour chaque être humain ! Comment suis-je orienté ? Vers le haut, essayant de regarder Dieu ? Ou vers le bas, vers la terre qui m’embourbe ? Avant comme après le meurtre d’Abel, Dieu est en dialogue avec Caïn, il ne renonce jamais à parler avec lui et à lui parler de… fraternité. Après la mort d’Abel, Caïn connaît la peur et inspire la peur. Il est le prototype de l’humain avec tout ce qu’il peut faire de bon et de mauvais. Il a inscrit le massacre en lui en massacrant son frère, l’histoire peut se réitérer…

Les deux frères sont des aspects que porte en lui chaque être humain. Les sociétés humaines gèrent le côté « terre », le côté Caïn, la violence toujours prête à se manifester et qui a besoin d’être canalisée. Le Christ sauve l’Abel en chacun, c’est-àdire toute la vie en connivence avec Dieu. L’Évangile se termine par la parole de Jésus à Marie Madeleine: «Va trouver mes frères»…

La fraternité est un lieu de rendez-vous de l’Homme, parfois difficile mais incontournable, pour répondre au Père. « Tout ce qui nous divise, nous sépare, nous oppose, tout ce qui est injuste ou blessant peut être vu comme ce qui appelle le passage de Dieu. Se tenir en ces lieux difficiles, c’est se porter à un rendez-vous en un endroit insolite et signifier, par sa simple attente, qu’ici une rencontre doit advenir (1). »

Le projet de Dieu est d’être le Père de fils qui sont des frères et le considèrent comme Père, pas comme maître.

(1) Étienne Grieu, Un lien si fort, Éd. de l’Atelier, 2009.


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