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 Copyright : photolibre.frL'évangile de ce Dimanche nous y invite (Le mot du Dimanche, Préparer le Dimanche)...

Soyons simplement heureux d’être ce que nous sommes et heureux de ce que sont nos frères et sœurs. Ensemble nous formons le corps du Christ !

  

Pour aller plus loin dans la réflexion sur notre difficulté à la différence, pourquoi ne pas entrer dans le débat si mouvementé au sujet de la théorie du genre ?

A ce sujet, une belle ouverture est proposée dans un article mis en ligne sur le site de la Conférence des Baptisés de France :

  Question de genre, le ridicule nous tuera ! 

 

(Christine Pedotti)

La « bataille du genre » continue, les responsables catholiques font chorus avec les responsables de la droite populaire et les chrétiens évangéliques fondamentalistes, étrange nouvelle ligue de vertu ! Christine Pedotti  pique une grosse colère… Ici, elle tient à préciser qu’elle parle en son nom.

Allez, remettez-nous une petite rasade de crise antimoderniste, le ridicule nous tue, mais on s’en fiche !

Je m’explique ! Une fois encore, avec la question du « genre », le catholicisme « officiel », celui qui parle par la bouche de Rome, des évêques et de leurs experts appointés est parti en guerre, tel Don Quichotte, contre un énième moulin à vent. Parce que les précédents ne leur ont pas suffit, voyez-vous ! Après avoir voulu nous faire croire que la Terre était plate, et surtout qu’elle ne tournait pas autour du soleil, après avoir rompu des lances pour essayer de nier l’évolution des espèces et maintenir mordicus que le monde avait été crée en 6 jours, après avoir fulminé contre Freud et ses épigones qui prétendaient que les êtres humains avaient un inconscient sur lequel il leur était bien difficile d’avoir prise, et qui souvent ne nous voulait guère de bien (Citation de Lacan : « Notre inconscient ne nous veut pas de bien »), après avoir mené une bataille stupide pour défendre le monogénisme afin de préserver la fiction d’un premier couple humain commettant un « péché originel », après avoir tenté d’interdire aux époux honnêtement mariés de décider (décider, ouh l’horrible mot ! ) d’avoir des enfants, quand ils le jugeaient souhaitable et dans un nombre qu’ils considéraient raisonnable, au prétexte que les enfants, c’était Dieu qui les donnaient (à charge pour les parents de les nourrir et les éduquer ! ), après avoir finalement permis une « paternité responsable » (la maternité responsable, ces hommes-là ne connaissent pas !) sous la condition que les pratiques conjugales soient contrôlées et mesurées au point que la vie sexuelle d’un couple catholique obéissant ressemble à un jeu sado-maso !, voilà le dernier combat : le genre !

De quoi s’agit-il ?

D’abord de caricaturer les études de genre en les résumant d’une phrase : « la théorie du genre soutient que l’on peut choisir son sexe ». Ce qui est faux, mais pourquoi se donner la peine d’être subtil et nuancé ? L’adversaire est une bête à abattre, tous les moyens sont bons ! Ensuite de dire que ce n’est pas bien de vouloir choisir parce qu’on a le sexe que Dieu nous donne (comme les enfants !). Au passage, parce qu’on est pas à un mensonge près, on n’omettra pas de prétendre que les manuels de SVT «obligent les enseignants à enseigner la théorie du genre » alors que les manuels en questions se contentent d’indiquer que l’identité sexuelle n’est pas seulement biologique. Et pour finir, on conclut que la République, irresponsable et victime des « lobby homosexuels » s’apprête à déformer les esprits des chères têtes blondes. Allons enfants du bon Dieu, le jour de Gloire est arrivé, sus aux programmes de SVT !

Pourquoi tant de haine ?

D’abord, qui sont les « bénéficiaires » des études du genre (études qui s’interrogent sur la façon dont se constitue une identité sexuelle, et qui donc prétendent que la donne biologique n’est qu’un des éléments qui la constituent) ? Les bénéficiaires en sont les femmes et les homosexuels, hommes et femmes. Les unes parce qu’elles ne sont plus assignées à une tâche biologique : reproduire la race humaine, les autres parce que l’identité sexuelle étant un fait de culture, la leur n’est pas « contre-nature » et donc pas condamnable sur ce critère (et donc pas condamnable du tout). Je n’hésite pas à dire que la parole catholique « officielle » qui s’exprime aujourd’hui contre le « genre » exprime sa haine des femmes « émancipées » et son homophobie. Au fond, une petite caste de mâles glapit : « on n’est pas des gonzesses, on n’est pas des pédés ! », et c’est tout !

Le pire, et c’est là que mon ami Lacan, celui qui dit que « notre inconscient ne nous veut pas de bien », vient à mon secours ! Car enfin, qui parle ! Des hommes, qui ont « choisi » une étrange identité sexuelle, celle « d’eunuques » (pour le Royaume), des hommes qui mélangent allégrement les signes, se baladent en robe, et montrent un très étrange retour d’intérêt pour la dentelle, les broderies et la passementerie. Des hommes qui – bon sang, il fallait bien dire un jour haut et fort ce que tout le monde ecclésiastique sait et cache –, dans une proportion incroyablement supérieure à la norme commune sont homosexuels, que cette tendance soit latente ou assumée. Quoi, direz-vous ? Combien ? Les patrons de séminaire disent qu’on est passé en 15 ans de la moitié à deux-tiers. Et oui, c’est une sorte de « secret ». Vous savez, un truc que tout le monde sait et commente en privé mais dont personne ne parle en public. Voilà une chose dont l’ami Lacan se délecterait non ?

Pitié, arrêtons !

Arrêtons ces mensonges ! Et surtout arrêtons d’être des artisans de haine ! Osons regarder les hommes et les femmes dans leur complexité, dans leur merveilleuse complexité et osons regarder cette complexité comme un don. Les êtres humains ne sont pas des bêtes. Leur « nature », est d’être des « êtres de culture ». C’est à ces êtres de culture que Dieu s’adresse, évidemment. Et il ne s’adresse pas à eux pour « redresser » leur sexualité mais pour leur demander « qu’as-tu fais de ton frère ? », « de qui as-tu été le prochain ? ». Nous ne serons pas jugé sur « qui nous avons aimé » mais sur « comment avons-nous aimé ».

 

 

 

 

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