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(Alain Bentolila, Député non-inscrit Vendée, Opinion, La Croix, 24 Avril 2012)

D’ici à quelques jours, quand la France sortira de sa parenthèse électorale, les réalités ne tarderont pas à s’imposer à tous. Après l’heure du choix électoral viendra l’heure de l’action politique. Compte tenu de la crise économique et financière, dont nous ne sommes toujours pas sortis, la future majorité devra prendre des décisions audacieuses et courageuses. Faut-il uniquement s’inquiéter de cette perspective ou une certaine espérance est-elle permise ?

Toute crise porte en elle un risque et une chance. Le risque, c’est que la crise accélère la désagrégation du corps social, de notre tissu économique, de notre souveraineté, de notre mémoire collective et de nos valeurs. La chance consisterait à saisir la crise comme une opportunité historique pour reconstruire une société plus conforme aux besoins essentiels de l’homme.

La crise révèle les failles de notre société. Elle permet de dévoiler les vérités et de nous poser les vraies questions. L’origine de la crise, dans toutes ses dimensions – économique, financière et morale –, n’est-elle pas la croyance dans l’idée que la technique et le profit conduiraient automatiquement à l’épanouissement du plus grand nombre ? N’est-ce pas cette utopie qui a inspiré la déconnexion du capital et du travail et la financiarisation de l’économie ? On a accepté de maintenir la dépense publique à un niveau excessivement élevé, en imaginant que l’essor des nouvelles technologies nous dispenserait de payer nos dettes. On a imaginé pouvoir réduire notre temps de travail, quand le monde entier travaillait davantage. Dans le champ politique, de trop nombreux abandons de pouvoir ont été consentis au profit d’experts non élus. Ils ont gravement endommagé le lien de confiance entre les gouvernants et les citoyens.

À cette crise morale, démocratique, économique et sociale, qui résulte d’un déficit d’attention envers la personne, il faut apporter une réponse globale. Il faut fixer un cap dont la personne serait à la fois le chemin et la finalité.

Les élections présidentielle et législatives sont l’occasion de dire que toutes les richesses viennent d’abord de l’homme. Tant d’un point de vue économique que social, il n’est pas de programme viable qui ne soit fondé sur cette pierre d’angle. Toute forme d’ambiguïté sur des sujets aussi essentiels que le travail, l’éducation ou la famille réduirait l’élection présidentielle à un nonchoix, dont les extrêmes tireraient le plus grand profit.

Le choix de 2012 est bien un choix de civilisation : souhaitonsnous réellement mettre la personne humaine au centre ou uniquement accompagner le délitement de la société et la montée de l’individualisme ?

Si la personne humaine est replacée au centre de l’action politique, économique et sociale, les énergies dont elle est porteuse pourront se libérer. Dans cette perspective, plus qu’un objet d’inquiétude, la crise n’est-elle pas un motif d’espérance ?

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