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Rameaux-2012-052.JPG(Proclus de Constantinople, Sermon 9 : Pour le jour des Rameaux, P.G. 65, col. 772 ss, Lectionnaire de Citeaux)

Le jour présent, mes bien-aimés, est de la plus grande importance. Il demande de nous un très grand désir, un immense empressement et un vif allant pour nous porter à la rencontre du Roi des Cieux. Paul, le messager de la bonne nouvelle, nous disait : “Le Seigneur est proche, n’ayez aucun souci". Nous découvrirons le Seigneur proche, non par la rapidité de nos pieds, mais par les bonnes œuvres que nous lui offrirons. Aussi la voix de Paul se fait entendre de nouveau : “La nuit est avancée, le jour approche, rejetons les œuvres de ténèbre, revêtons les armes de lumière”.

Allumons donc les lampes de la foi : comme les cinq vierges sages, remplissons-les de l’huile de la miséricorde envers les pauvres ; accueillons le Christ bien éveillés, et chantons-le, les palmes de justice à la main. Embrassons-le en répandant sur lui le parfum de Marie. Écoutons le chant de la résurrection ; que nos voix s’élèvent, dignes de la majesté divine, et clamons avec le peuple ce cri qui s’échappe de la foule : “Hosanna dans les hauteurs. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël”. Il est bien de dire : “Celui qui vient”, car il vient sans cesse, jamais Il ne nous manque : "Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent en vérité”. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Le Roi doux et pacifique se tient à notre porte. Celui qui trône dans les cieux sur les Chérubins est assis ici-bas sur le petit d’une ânesse. Préparons les maisons de nos âmes, débarrassons-les de ces toiles d’araignée que sont les mésententes fraternelles ; qu’on ne trouve pas chez nous la poussière des médisances. Répandons à flots l’eau de l’amour, et apaisons tous les heurts que soulève l’animosité ; puis parsemons le vestibule de nos lèvres des fleurs de la piété. Avec le peuple poussons alors ce cri qui jaillit de la foule : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël”. Qui a suggéré à la foule ce cri ? Qui lui a mis cette louange dans l’esprit ? Qui lui a confié ces rameaux d’olivier ? Qui a rassemblé comme un seul homme toute cette cohorte ? Qui a enseigné à ces voix à ne pousser qu’un seul cri ? La grâce d’en haut, la révélation de l’Esprit. C’est pourquoi soldats terrestres, anges célestes, mortels et immortels, passagers sur la terre, chœur des cieux, criaient en toute liberté : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël”. Les Pharisiens se tenaient à l’écart, les prêtres en étaient outrés. Ces voix qui chantaient la louange de Dieu retentissaient sans arrêt : la création en était toute joyeuse, l’air en était sanctifié, les morts en tressaillaient. Les cieux s’ouvraient, le paradis se couvrait de fleurs, et les mortels se sentaient remplis d’une même ardeur.

C’est pourquoi, ce jour-là, quelques Grecs, poussés par cette acclamation magnifique à honorer Dieu avec ferveur, s’approchèrent d’un Apôtre nommé Philippe et lui dirent : “Seigneur, nous voulons voir Jésus”. Regarde : toute la foule remplit la charge de héraut et incite ces Grecs à se convertir. Aussitôt, ceux-ci s’adressent aux disciples du Christ : “Nous voulons voir Jésus”. Ces Gentils sont bien les émules de Zachée ; ils ne montent pas dans un sycomore, mais ils se hâtent de s’élever dans la science de Dieu . “Nous voulons voir Jésus”. Non pas tant contempler son visage, que porter sa croix. Car Jésus, qui voyait leur désir, annonça sans ambages à ceux qui se trouvaient là : “L’heure vient où le Fils de l’Homme sera glorifié”, appelant gloire la conversion des Gentils.

Il donnait à la croix le nom de gloire. Car depuis ce jour jusqu’à maintenant, la croix est glorifiée ; c’est la croix, en effet, qui maintenant encore consacre les rois, pare les prêtres, garde les vierges, affermit les ascètes, resserre les liens des époux, fortifie les veuves. C’est la croix qui féconde l’Église, illumine les peuples, garde le désert, ouvre le paradis.

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