Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

IMGP5248.JPG(Saint Augustin, Sermon 184, 1-3)

Voici que brille pour nous une nouvelle fois le jour anniversaire de la naissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, jour où la Vérité est sortie de la terre, et où le Jour né du Jour est né en notre jour. "Réjouissons-nous et exultons en Lui". Célébrons la naissance du Seigneur comme il convient, en foule dense et dans un climat de fête. Que les hommes se réjouissent, que les femmes se réjouissent : le Christ est né homme, il naît d’une femme : les deux sexes sont à l’honneur. Qu’il aille maintenant vers le second homme, celui qui, dans le premier, avait été condamné. Une femme nous avait conseillé la mort, une femme nous engendre à la vie. Quelqu’un portant la ressemblance de la chair de péché est né pour purifier la chair de péché. Aussi n’accusons plus la chair, mais pour que vive la nature, mettons à mort la faute : car il est né sans faute celui en qui renaît celui qui avait été en faute.

Réjouissez-vous, saints jeunes gens qui avez choisi de servir spécialement le Christ, vous qui ne cherchez pas à vous marier. Exultez de joie, vierges saintes : la Vierge vous a enfanté un Époux à qui vous pouvez vous unir dans une union très sainte. Exultez les justes : c’est la naissance de celui qui vous justifie. Exultez malades et infirmes, c’est la naissance du Sauveur. Exultez, captifs, il vous est né un Rédempteur. Qu’exultent les esclaves : c’est la naissance de votre véritable Maître. Qu’exultent les hommes libres : c’est la naissance du Libérateur. Qu’exultent tous les chrétiens : c’est la naissance du Christ !

Celui-ci, né aujourd’hui d’une mère, donne son prix à ce jour pour les siècles, lui qui, né du Père, a créé tous les siècles. Cette naissance-ci n’a pu avoir une mère ; celle-là s’est passée d’un père. Car le Christ est né et d’un père et d’une mère ; il est né aussi sans père et sans mère. Dieu, il naît d’un Père ; homme, il naît d’une mère. Dieu, il naît sans mère ; homme, il naît sans père. "Sa génération, qui la racontera ?". Celle-là s’opère en dehors du temps, celle-ci en dehors de l’homme. Celle-là est sans commencement, celle-ci sans exemple. Celle-là a toujours été, celle-ci n’en a vu de pareille ni avant ni après. Celle-là n’a pas de fin, celle-ci a son commencement là où elle prend également fin.

C’est donc à bon droit que les prophètes ont annoncé celui qui devait naître, et que les cieux et les anges l’ont annoncé, une fois né. Celui qui contient le monde gisait dans une crèche, il était à la fois enfant sans parole et Parole. Le sein d’une seule femme portait Celui que les cieux ne peuvent contenir. Cette femme commandait au Roi ; elle portait celui en qui nous sommes, elle allaitait notre pain. Ô faiblesse évidente, humilité admirable où se cache la divinité tout entière ! Celle-ci régissait par sa puissance la mère à qui son enfance était soumise ; et celle dont il suçait le sein, il la nourrissait de sa Vérité.

Qu’il achève en nous ses dons, lui qui n’a pas eu honte de prendre pour lui-même nos commencements ; et que lui-même nous fasse fils de Dieu, lui qui a voulu pour nous être fils de l’homme.

 

Partager cet article

Repost 0