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(Mgr Hippolyte Simon Archevêque de Clermont, vice-président de la Conférence des évêques de France, Forum et débats, La Croix 10/12)

« Le diagnostic que j’avais fait il y a onze ans sur la paganisation de la France (1) semble se vérifier. On assiste à une amnésie de l’expérience chrétienne, un développement de comportements plus ou moins idolâtres et à un évident vide intérieur. À cet égard, la mode des “apéros géants” semble symptomatique : comme si l’on était en attente de communion, mais qu’on était incapable d’en établir une véritable ! Pourtant, il apparaît une nostalgie spirituelle, telle une nappe phréatique dormante qui se réveille de temps à autre. À titre d’exemple : le succès du film Des hommes et des dieux . Mais on voit bien la difficulté. Pour que cette nostalgie s’exprime dans la société, cela suppose une démarche personnelle : c’est à chacun de se décider et de se mettre en route. Ainsi, chaque année en France, 3 000 adultes se font baptiser et 10 000 autres cheminent en catéchuménat, sans parler des “recommençants” difficilement quantifiables.

Actuellement se vit une sorte de “révolution silencieuse de l’Église”, à travers les synodes diocésains et les restructurations de paroisses qui commencent à porter du fruit. Faites sous la contrainte de la précarité numérique des prêtres, ces restructurations permettent d’avoir des territoires pertinents, à l’échelle d’un bassin de vie. On redécouvre que les communautés chrétiennes sont fondées sur les sacrements et que c’est à elles de les proposer au plus grand nombre. Cette invitation à “proposer la foi”, lancée avec le rapport Dagens (1994) et la Lettre aux catholiques de France (1996), puis poursuivie à la Pentecôte 2000, avec des dizaines de grands rassemblements diocésains, est en train de se propager depuis Ecclesia 2007. Je l’ai expérimenté en mai dernier avec la confirmation unique pour tout le diocèse le jour de Pentecôte : les 32 paroisses ont su proposer et accompagner la démarche, en montrant que la confirmation n’est pas la fin d’un cheminement de foi, mais le début d’une redécouverte.

On ne peut donc qu’espérer une conjonction entre ces trois éléments : territoires paroissiaux plus pertinents, redécouverte du caractère fondateur des sacrements et proposition d’un approfondissement de la foi. Si cette conjonction répond aux attentes sociales ambiantes, alors le “petit reste” – que sont aujourd’hui les chrétiens en France – pourrait redevenir levain dans la pâte ! »

(1) Vers une France païenne , Éd. Cana, 1999.

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