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Un article lu dans la Croix de ce jour (25/11/2009)et qui pourrait bien encourager ceux et celles qui vont se retrouver demain soir à la Paroisse Saint Maurice pour "Prier l'Evangile de Luc". Eh oui, après Marc, cette année l'aventure continue avec Luc !

Article de la Croix :

Vendredi dernier, 20 h 30. Le P. Marc Zamit accueille les quatorze adultes, présents pour le premier cours de la formation « Seigneur, apprends-nous à prier », mise en place par le diocèse d’Aix-en-Provence. Parmi eux, Henri, 79 ans, Bible à la main, venu, dit-il, acquérir « le minimum de connaissances pour savoir s’adresser à Dieu » : « Lorsque je prie, je me sens parfois vide. Or, il faut le connaître pour lui parler », affirme cet ancien commerçant tandis qu’Henrianne, comptable aixoise de 56 ans, se demande s’il existe « une bonne manière de prier», face au sentiment récurrent que « rien ne se passe ».

« Prier s’apprend. Beaucoup de paroissiens ont envie de prier mais ne savent pas en quoi cela consiste, pourquoi le faire et comment », explique P. Michel Isoard, le vicaire général diocésain, qui souhaite aussi faire découvrir ou rappeler que « la prière ne doit pas ramener Dieu à soi mais soi à Dieu ».

D’emblée, le P. Marc Zamit, formateur au séminaire, prévient ses «élèves » : « Je ne serai pas un professeur de prière mais je vais être avec vous à l’école du Christ. Lorsqu’on prie, il s’agit moins de faire une prière que d’entrer en relation avec Dieu, source de nos prières », explique-t-il. Et de conseiller de consacrer un temps et un lieu spécifiques à la prière, pour laquelle le groupe se fixe un «rendez-vous» virtuel afin d’« être en union les uns avec les autres ».

En silence, chacun prend des notes. Puis le temps d’enseignement est suivi d’un moment de prière à l’oratoire au sous-sol, rythmé par des chants de psaumes.

En sortant, Henri « se sent moins seul » dans ce dialogue avec Dieu, tout comme Henrianne qui repart «avec le moral» : «Même si je ne m’en rends pas compte, l’Esprit Saint travaille en moi», se réjouit cette femme aumônier, qui envisage désormais la prière moins comme une demande que comme « un dialogue ». Un échange dans lequel Benjamin se sentira « moins complexé ». Venu chercher « le mode d’emploi » de la prière pour progresser dans sa foi, ce directeur de maison de retraite de 39 ans est reparti « rassuré et plutôt joyeux » à l’idée qu’ «il ne faille pas avoir bac + 12 en théologie » pour prier.

En Vendée, la paroisse Saint-Hilaire de Fontenay a fait le même constat : « L’acte de prière semble rébarbatif à beaucoup de paroissiens, constate le P. Olivier Gaignet, curé de la paroisse. On reste parfois à la surface de nous-mêmes lorsque l’on se contente de la prière du dimanche. »

Ici, l’apprentissage est condensé sur une semaine. Ainsi, une vingtaine de paroissiens se sont engagés à suivre l’expérience et à prier quotidiennement, la semaine prochaine, à partir d’un texte biblique. « Nous proposons une découverte de la prière ignacienne, qui part de l’Évangile », explique Martine Clénet, laïque en charge de cette semaine d’apprentissage.

Chaque jour, les participants s’accorderont un temps de prière personnelle d’une vingtaine de minutes, dans le silence, puis rencontreront un accompagnateur de leur choix (prêtre, religieuse, laïc…). « Ce dernier va demander comment la personne s’est installée, si cela a été difficile, ce que ce texte a évoqué chez elle, etc. », détaille Élisabeth Saulnier, co-responsable du service de vie spirituelle du diocèse de Luçon, qui organise cet événement avec les paroisses.

Pour le P. Olivier Gaignet, la prière ne vient pas s’opposer à l’action, mais permet de la nourrir. « Les gens sont très à l’aise dans l’action caritative ou le dialogue interreligieux, salue-t-il. Mais ils devraient aussi prendre en main leur vie intérieure, retrouver le goût du dialogue intime avec Dieu. » Déjà organisée dans six paroisses du diocèse, l’initiative « permet aux gens de redonner du sens à leur prière », souligne Élisabeth Saulnier, qui garde en mémoire la remarque étonnée d’un homme de 82 ans, très engagé au Secours catholique : « Pourquoi ne m’a-t-on pas dit plus tôt que je pouvais prier différemment ? ».

En région parisienne, des prêtres et des laïcs proposent depuis 2004 des écoles d’oraison « clés en main » aux paroisses. «Nous attendions une vingtaine de personnes, mais dès le début, nous avons vu arriver 50, 70, 100 personnes, entre 20 et 90 ans. Cela témoigne d’une soif profonde des fidèles, qui découvrent que l’oraison n’est pas réservée aux seuls moines et moniales », remarque le responsable, le P. Antoine d’Augustin, prêtre de l’institut Notre-Dame de Vie et formateur au séminaire de Paris (1).

Reprenant l’intuition du P. Henri Caffarel, fondateur des Équipes NotreDame, et s’inspirant de la tradition des maîtres du Carmel, la formation se décline en trois temps : un court enseignement, suivi d’une mise en pratique (une demi-heure de prière en silence), et un échange sur les questions concrètes. À raison d’une soirée hebdomadaire, ces écoles s’étalent sur six semaines. « Chacun des participants s’engage à être fidèle à un temps de prière chaque jour. Au bout d’un mois et demi, l’oraison est ancrée dans l’agenda », explique le P. d’Augustin.

« Durer, c’est toujours un combat, constate cependant Virginie Izard, 37 ans, mère de quatre enfants, qui a participé au lancement des écoles d’oraison à Paris. Avec les enfants, j’ai plus de mal en ce moment à être fidèle à mes cinq minutes quotidiennes. Quand on commence, c’est un vrai moment de bonheur, ça roule tout seul. Mais ensuite ça devient plus aride… ».

« Les gens sont déçus souvent quand ça devient difficile et ils arrêtent, observe le P. d’Augustin. À l’école d’oraison nous les aidons à comprendre comment Dieu agit en eux : ça les apaise de découvrir que c’est normal, car la foi est obscure. Dieu travaille très profondément en l’homme, mais ça se passe au-delà des sens et de l’intelligence. Ce qui fait qu’on ne va pas le sentir. Et pourtant, c’est là que Dieu se donne le plus à nous. L’indispensable est de rester au contact, par ce rendez-vous de prière, justement. »

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