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(Frédéric Mounier, La Croix.com, 6  Février 2011)

Deux prises de parole intéressantes ces derniers jours. Le pape a expliqué ce qu’il attendait des évêques. Et son texte a été immédiatement diffusé en allemand… tandis qu’un tiers des théologiens allemands appellent à des réformes radicales dans l’Église.

Célébrant la 3e messe d’ordination épiscopale de son pontificat, dans la matinée du 5 février 2011 au Vatican, Benoît XVI a affirmé que l’évêque ne devait être “un esclave de l’esprit de l’époque“ et devait avoir “le courage de s’opposer aux courants du moment“. Le pape est revenu sur la “mission des évêques“, des hommes appelés selon lui à “conserver la communion catholique“, à “jeter les filets de l’Evangile dans la mer agitée de l’époque actuelle“. Pour autant, a confié Benoît XVI, “le Pasteur ne doit pas être un roseau qui se plie selon le souffle du vent, un esclave de l’esprit de l’époque“. Au contraire, a-t-il expliqué, l’évêque doit être “comme un arbre qui possède de profondes racines grâce auxquelles il est solide et bien fondé“. “Cela n’a rien à voir avec la rigidité ou l’inflexibilité“, a aussitôt assuré le pape, mais “c’est seulement là où il y a stabilité qu’il y a croissance“. L’évêque, a encore soutenu Benoît XVI, doit être “intrépide“ et avoir “le courage de s’opposer aux courants du moment“.

Par ailleurs, plus de 140 théologiens catholiques allemands, autrichiens et suisses ont appelé à une réforme de fond de l’Eglise, qui mettrait notamment fin au célibat des prêtres, a rapporté vendredi le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Dans leur pétition intitulée « Eglise 2011: un renouveau indispensable », accessible via le site internet du journal, ces 143 théologiens, pour la plupart enseignants dans des universités germanophones, appellent également à l’ordination des femmes et à l’acceptation par l’Eglise de partenariats homosexuels. Ils réclament aussi la participation des fidèles aux nominations d’évêques et à la fin du « rigorisme moral » de l’Eglise. Ils justifient leur prise de position par la « crise sans précédent » que traverse l’Eglise catholique en Allemagne depuis qu’a éclaté une série de scandales d’abus sexuels perpétrés par des prêtres, il y a un an. « Les tumultes que peuvent susciter un dialogue ouvert, sans tabous, ne sont pas nécessairement bien perçus, surtout à la veille de la visite d’un pape. Mais l’autre solution, le silence de mort, ne peut être acceptable car il réduit à néant les derniers espoirs », affirme notamment leur mémorandum.

Voici donc deux voix, diversement autorisées, qui s’expriment publiquement sur des points essentiels dans la vie de l’Eglise. Me revient en mémoire une récente homélie à Rome de Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons et président de la commission épiscopale pour les ministres ordonnés. Il réunissait à Rome l’ensemble des recteurs des séminaires en France. Il leur a demandé, à eux et à leurs séminaristes, d’être attentifs à la voix de l’autre, à ses arguments, à sa logique qui nous perturbe a priori.

Sur les grands dossiers d’Église, comme ci-dessus, est-ce possible ?

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