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Lettres à Kateri(Xavier Gravend -Tirole, Lettres à Kateri, Éditions le Jour, 2013)

Recension : Anne Soupa, Conférence des Baptisés de France)

 

Ces Lettres à Kateri sauront vous accompagner, comme elles continuent à me suivre,par la force des sujets qu’elles soulèvent et la finesse avec laquelle l’auteur les traite. Elles dessinent la trajectoire d’une foi vive, ardente, qui conduit le narrateur à des choix radicaux. La fiction dans laquelle nous entraîne l’auteur est celle d’un amour entre le narrateur et la jeune Kateri, auquel le narrateur renonce pour entrer dans la vie monastique. Avec une fidélité exemplaire à la tradition, sans aucune mièvrerie, sans aucune piété facile qui affirmerait sans démontrer, sans aucune impasse sur le travail de rigueur auquel le croyant doit exposer sa foi, l’auteur montre que l’on peut être pétri de Tradition et homme de son temps. Que l’on peut croire avec le cerveau d’un homme des années 2010, sans se laisser séduire par les mirages de la restauration. Simplement parce que la tradition est prise pour ce qu’elle est vraiment : un trésor dans lequel on puise l’eau vive et non un arsenal de prescriptions auxquelles on obéirait sans savoir pourquoi ni à quelles fins.

« Quelque chose », dans ce livre, tient en haleine. Malgré certaines maladresses, le souffle est au rendez-vous. Sans doute est-ce le signe que la foi est ardente et vraiment vécue. Dans ces pages, j’ai appris et senti que quelque chose de vivant se communiquait. Au début, j’ai été séduite par la profession de foi, construite de façon assez pédagogique. Ensuite, le petit suspense m’a donné envie d’être plus vieille de quelques dizaines de pages : prononcera, prononcera pas ses vœux ? Enfin, j’ai été très touchée par les développements sur la vie communautaire. C’est pour moi la pointe du propos, là que j’ai appris des choses utiles, nourrissantes pour une vie de foi. En quelques mots, ce que nous apprend Xavier,c’est que la vie communautaire est forte, non des qualités des uns et des autres, mais de leurs limites. Ce sont elles qui enseignent. La vraie fraternité est celle qui intègre les limites de chacun. Dans une communauté, il vient vite ce moment où les petits travers des uns et des autres risquent de devenir aussi blessants qu’un caillou sous le pied. C’est là que tout commence, quand on se demande ce que l’on en fait. On s’en va ? On reste ? Et sion reste, au nom de quoi ?

 

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