Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

2013-03-23-20.28.56.jpg(Photo, Rameaux, Eglise de Schirmeck, 2013)

 

(Publié le 23 Mars, Site de la Conférence des Baptisés de France)

« Ne pas avoir peur de la bonté, de la tendresse ! » Le pape François a lancé cet appel insistant lors de la messe d’inauguration de son pontificat. C’est avec ce regard qu’en ce dimanche de la Passion nous levons les yeux vers la croix de Jésus. C’est ce regard et cette voix, sans doute, que François d’Assise perçoit quand le Christ de la petite église de saint Damien l’invite à « reconstruire » l’Église. Le jeune homme en est bouleversé et sa vie changée. La croix, qu’il ne va pas cesser de mettre au centre de sa vie, n’est pas pour lui un instrument de mort. S’il en vient à porter un jour dans sa chair les « stigmates » de la passion, jamais François n’a cultivé cette spiritualité doloriste qui va faire tant de ravage par la suite, exaltant la souffrance et pesant d’un poids énorme de culpabilité sur les cœurs des hommes.

Devant la souffrance, Jésus lui-même a tremblé et demandé à son Père qu’il l’éloigne. Elle est, pour le croyant comme pour celui qui n’a pas la foi, la grande énigme de la condition humaine. Pourquoi tant de tourments, de peines et d’échecs devant lesquels nous restons sans mot ? Surtout, ne prêchons pas sur ce thème. Près des innombrables croix dressées chaque jour sur notre terre, nous ne pouvons que nous tenir en silence, en cherchant à rencontrer le regard de tendresse que Jésus pose sur le monde.

François d’Assise avait les yeux brûlés de larmes : il pleurait parce que l’amour n’était pas aimé. Voilà la Passion que Jésus nous invite à partager. Nul besoin de cilices et de flagellations. Pourquoi l’amour n’est-il pas reçu ? Si souvent malmené, brisé, rompu ? Pourquoi est-il si difficile de se rencontrer, de s’accueillir, de pardonner ? Pourtant tous les hommes devraient aspirer à la paix. Mais il y a encore la guerre – des séquelles de guerre – en chacun de nous.

La croix nous offre le geste des bras ouverts, Dieu embrassant le monde. C’est pourquoi nous ne pouvons pas la séparer de la célébration de la Vie. La croix n’aurait pas de sens sans la découverte du matin de Pâques : un tombeau vide, puis une rencontre qui nous offre la joie et la paix.

Entrons dans cette confiance !

 

Partager cet article

Repost 0