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Quelle joie, que celle d'avoir pris les moyens d'une lecture priante de l'Evangile de Matthieu, tout au long de l'année.

Le parcours ce termine avec les fiches n° 13, n°14 et n°15.

Pour l'année prochaine, le souhait de celles et ceux qui ont vécu cette traversée au long court, serait d'aller au rythme de l'Evangile de Jean !

En attendant n'oublier pas la régularité qui nous convoque...entre autre, tout simplement celle de la liturgie dominicale (Préparer le Dimanche,Le mot du Dimanche).

Et pour nous encourager à continuer...même cet été...

 

(François Cassingena, Lettre sur la Lectio Divina, p 9, consultable dans son intégralité sur le site de l’Abbaye de Ligugé)

Parlons maintenant de la régularité. La lectio divina n'est jamais facultative et l'on ne saurait l'ajourner. Il faut s'y tenir coûte que coûte. C'est se condamner à l'anémie que de ne point s'alimenter aujourd'hui ; c'est être vide que n'être pas plein de Dieu tout de suite. L'Ecriture est un journal, notre journal obligé et, à en abandonner tant soit peu la lecture, nous perdons le fil, le fil d'or par lequel nous tenons à la Vie. La régularité de la lectio, même brève, confère à notre vie son armature et sa cohérence. Au demeurant, cette régularité exige-t-elle de nous des efforts surhumains si nous comprenons la lectio, moins comme une présence au bureau, strictement mesurable au chronomètre, que comme une présence habituelle à Dieu et aux choses de Dieu, comme une atmosphère  qui baigne toutes nos activités. Reste que cette présence  habituelle et douce tendrait à s'évanouir et à devenir pure illusion  si l'on ne s'attablait effectivement à la Parole, certis temporibus, comme le prescrit saint Benoît au chapitre du "travail manuel quotidien". La lectio assure en profondeur la stabilité de notre vie, (...). Car la Parole est bel et bien notre Domicile (...) Qui sait si, dans son déroulement historique,  notre vie ne nous réserve pas des déménagements, des exodes, des exils, des hospitalisations, des incarcérations ? Qu'à cela ne tienne ! Où que la volonté du Seigneur nous conduise (...) nous resterons stables dans la Parole ou, plus exactement, nous emporterons partout cette Parole avec nous, comme Abraham emportant d'Ur la Promesse, comme les Hébreux transportant la Tente démontable à travers le désert. Est-ce pour rien que le Seigneur recommande à Moïse de fabriquer une table portative, au autel portatif ? Du moment que nous pouvons reconstituer partout notre atelier, notre camp volant de la Parole, nous n'avons pas sujet de nous plaindre et nous ne sommes nulle part déracinés. La Parole est nomade par nature, itinérante par nature et mobile (Cf. Ex 34, 15-16 ; Ps 147,15 ; Is. 55, 10-11 ; Lc 24,15) : emportons-la partout, pour qu'à son tour elle nous emporte. La fidélité amoureuse à la lectio divina est le plus sûr garant de notre stabilité, de cette stabilité du coeur dans la Parole sans laquelle la stabilité matérielle ne serait que de pure forme.   

 

 

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