Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

jean11.gif

(France Quéré, Une lecture de l’Evangile de Jean, DDB, 1987, p 88-89)

 

Le mot de gloire retentit comme l'appel multiple d'un clairon, à la fin d'un récit où l'amour allume les signes les plus éloignés de la puissance et la gloire que lui prête le Seigneur: aimer conduit à se faire le dernier des serviteurs, ce qui étonne le premier des disciples: le Seigneur est à ses pieds!

Aimer revient aussi à mourir pour ceux que l'on aime, comme Jésus le dira plus loin avec éclat. Voyons en effet qu'il lave aussi les pieds de Judas, rendant égal honneur à qui veut le sauver et à qui va le perdre. Peut-être les aime-t-il d'un même amour.

Les disciples qui volontiers se poussent du col, se disputent pour être le plus grand, et que leur rang de disciples a jusqu'ici, plutôt flattés, découvrent, pour la première fois, qu'ils seront voués au service aussi longtemps qu'ils se diront disciples de Jésus-Christ. Ils ne sont pas des maîtres eux-mêmes, puisqu'il n'y a qu'un maître, et qu'il ne l'est pas resté! Il leur faut donc servir celui qui sert.

Pourquoi le Seigneur insiste-t-il tant sur cette gloire dont eux ne voient pas les rayons? Sans doute en savent-ils moins que Paul l’Apôtre: ils ne s'attendent pas à ce que cet homme bientôt anéanti soit « exalté au-dessus de tout nom ». Ils commencent à peine à entrevoir que seul est grand celui qui abaisse sa grandeur; qu'il n'est de puissance et de gloire que d'amour. Nous partageons avec eux cette demi-connaissance. Peut-être bien un jour « la gloire» nous a-t-elle effleurés, quand dans un sacrifice accepté, une action sans témoin, nous avons senti déferler la grande paix de notre cœur.

Je n'oublierai jamais cette photographie où l'on voit un résistant, debout, face aux fusils pointés des miliciens; ils vont tirer, et il sourit.

 

Partager cet article

Repost 0