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Une bonne occasion de discuter tranquillement entre amis et de méditer l'Evangile du jour !

 

« Avez-vous quelque chose à manger ? » (Lc 24, 35-48)

(François Cassingena-Treverdy, Sermons aux Oiseaux, Ad Solem, 2009, p 250)

Vainqueur étrange qui quémande des victuailles ! Celui qui réclame du poisson est-il bien celui qui multipliait naguère les poissons (Jn 6, 11) ? Interprétons en profondeur cette fringale : c’est un homme affamé qui se présente, un Dieu dans le besoin, et ce besoin, comme la béance de ses blessures, garantit son existence et sa réalité. Pour qu’il y ait eucharistie, et non pas seulement merveilleux, il ne suffit pas qu’il nous donne, lui, à manger : il faut encore que nous lui donnions, nous, quelque chose ; quelque chose de notre maigre ordinaire, quelque chose qu’il puisse assimiler et qui soit passé au Feu (Lc 24, 43), comme il l’est lui-même, car il serait évidemment grossier de penser que le Ressuscité consommât autre chose, pour sa croissance, que ce que le Feu en Personne lui a préparé. Le Poisson réclame du poisson, le Pain réclame du pain. Le Poisson ne serait pas complet sans nous, ni sans nous le Pain. Le Corps ne serait pas complet sans nous, pas d’avantage dans sa  gloire que dans la souffrance de sa passion (Col 1, 24). Le Ressuscité expirerait si son Eglise n’était pas là pour le sustenter.

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