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 Int-25C3-25A9rieur_Debre_Berhan_Selassie4.jpg(Eloi Leclerc, Le maître du désir, DDB, 1997, p 53-54 )

 

« Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique,

afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mis ait la vie éternelle.

Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde,

mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3, 16-17)

 

Affirmation capitale. Nous sommes au sommet de l’entretien de Jésus avec Nicodème. A l’origine de tout, il y a Dieu qui aime le monde. Dieu et son amour, Dieu qui est amour, voilà la réalité fondatrice et absolue. Tout part de cet amour premier. De là découle l’envoi du Fils dans le monde, de là sa mission de vie. Rien ne précède cet amour. Rien ne le motive de l’extérieur. Il ne repose sur rien. Il est à lui-même sa source. Absolument premier et absolument gratuit. « Pure aurore, en amont des commencements » (1)

 

Dieu qui aime le monde veut communiquer à l’homme sa propre vie . la plénitude de la vie s’offre donc à l’homme dans le Fils unique. Elle s’offre gratuitement et à tous. Il n’y aucune exclusion. Aucune condition préalable. Aucune œuvre méritoire n’est exigée. Car cette vie est en amont de ce que nous nommons morale ou éthique. Avant d’être exigence, elle est pure donation. (2)

 

Cependant il appartient à l’homme de l’accueillir ou de la refuser. Elle ne s’impose pas : elle s’offre. Et ce libre accueil a un nom : la foi. Il s’agit de croire au Fils envoyé en ce monde pour y porter la vie divine. La seule œuvre requise pour avoir part à cette vie est la foi au Fils unique :

« Qui croit en lui n’est pas jugé ; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu » (Jn 3, 18)

 

La foi à laquelle nous sommes invités n’est pas l’adhésion aveugle à une vérité extérieure qui s’imposerait à nous d’une manière autoritaire, dogmatique et totalement incontrôlable. Croire au Fils unique, c’est croire au Dieu qui aime le monde ; c’est croire que cet amour est la réalité première et absolue. C’est s’ouvrir soi- même à cet amour, l’accueillir en soi, se laisser pénétrer, inspirer par lui. Et, du coup, c’est  en éprouver la force vivifiante et créatrice. Celui qui croit à cet amour l’expérimente comme la vie de sa vie, comme l’impulsion qui vient du fond de son être et le fait grandir.

 

Romanesque_tympanum_-_Abbaye_aux-dames_Sainte-Trinite_Caen_.jpgLa vie divine qui s’offre à nous, dans le Fils unique, ne tombe pas, en effet, dans une terre étrangère. Elle nous rejoint dans notre profond désir de vie. Croire à l’amour de Dieu qui s’est manifesté dans le Fils, c’est s’ouvrir intérieurement à une réalité qui nous dépasse mais qui nous met en mouvement vers notre être authentique. La foi en cet amour premier se trouve donc liée à un dévoilement du secret de notre être. Notre naissance à la vie de Dieu, dans la foi en son amour, va de paire avec notre naissance à la plénitude de notre humanité. Il appartient à chacun de vérifier que la vérité qui Jésus lui révèle est aussi la vérité qui le fait vivre en plénitude.

 

(1) Maurice Bellet, Incipit ou le commencement, DDB, p 12

(2) Cf Maurice Bellet, ibid., p 13

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