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Voià pour ce Dimanche...

 

 

Appel à devenir un homme bon !

Il s’agit d’être « avisé », d’être « sage »

et d’aller au-delà de « l’étourderie » qui empêche la rencontre !

Le mot grec « sot, fou », veut littéralement dire « obtus, bête ».

Il dit une façon d’agir inadaptée, il dit un manque de réflexion sensée.

Il dit une puissance qui pousse à des comportements absurdes…

Pour Platon, l’homme sage et avisé est toujours l’homme bon,

et l’insensé est l’homme mauvais.

 

Les vierges « sottes » se retrouvent devant la porte close.

Or, selon la tradition juive,

la maison où se déroulent les noces est normalement ouverte à tous

et à tout instant.

Ce motif de la porte fermée introduit donc une anomalie dans le récit.

Il dit une occasion manquée, un avertissement, une exhortation au réveil.

Il dit l’urgence de prendre un chemin « avisé »,

un chemin de « bonté » dans l’instant présent,

dans une réalité à accueillir.

Il dit une invitation à accueillir les paroles de Jésus

et à les mettre en pratique.

 

« Quiconque écoute mes paroles

et les met en pratique peut se comparer à un homme avisé

qui a bâti sa maison sur le roc… »

(Mt 24, 26)

 

 

 

 

 

Programme de vigilance !

 

Pour ce Dimanche, deux pistes pour entrer plus avant dans la méditation de l’Evangile

(Saint Augustin, Sermon 93)

Que veulent dire ces paroles : «Elles ne prirent point d’huile avec elles dans leurs vases» ? «Dans leurs vases», c’est-à-dire dans leurs coeurs. Aussi saint Paul déclare-t-il : «Notre assurance, c’est le témoignage de notre conscience» (2 Co l,12). Ce témoignage, voilà l’huile, l’huile de très grand prix qui doit se trouver dans nos vases et qui découle du don de Dieu. Si tu as cette huile, prends-la avec toi. Qu’est-ce à dire «avec toi» ? Dans le fond de ton coeur, où tu dois plaire à Dieu. Celui qui ne se guide que sur le témoignage des autres n’a pas pris son huile avec lui. Si tu t’abstiens du mal et si tu fais le bien pour être approuvé des hommes, tu n’as pas ton huile en toi-même, et alors, quand les hommes se mettent à ne plus te décerner d’éloges, ta lampe commence à baisser.

Aussi, prenons bien garde... L’histoire ne nous dit pas que les lampes se soient éteintes avant que les vierges ne s’endorment. Les lampes des vierges sages brûlaient d’une huile intérieure, l’huile d’une conscience assurée, d’une gloire intime, d’un amour profond. Et les lampes des vierges folles brûlaient aussi. D’où leur venait cet éclat ? Les approbations humaines ne manquaient pas. Mais après le réveil, image de la résurrection, elles se mirent à préparer leurs lampes, elles se disposèrent à rendre compte de leurs actions devant Dieu. Mais il n’y a plus personne alors pour décerner des éloges : chacun s’occupe de ses affaires, nul ne pouvant se dispenser de faire retour sur soi-même. Il n’y a donc plus de marchands d’huile. La parabole s’achève sur ces mots du Seigneur : «Veillez, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure». Pourquoi : «Veillez», puisque nous devrons tous nous endormir ?

Veille de coeur : que ta foi veille, que ton espérance veille, que ta charité veille, que tes oeuvres veillent aussi. Et quand ton corps se sera endormi, un temps viendra pour te relever. Alors, debout, tu pourras préparer ta lampe. L’huile intérieure de ta conscience nourrira sa flamme, qui ne s’éteindra pas.

 

 

(Bruno Chenu, La Croix, 6 novembre 1999)

Entre les jeunes filles insensées et les jeunes filles prévoyantes, nous avons vite fait notre choix et nous nous situons, à coup sûr, du côté de la sagesse. Mais, à propos, qu'est-ce qui fait la différence entre les deux groupes ? Ce n'est pas le fait d'avoir une lampe : toutes ont pris la précaution de s'en munir. Ce n'est pas le fait de dormir ou de ne pas dormir dans l'attente : toutes s'assoupissent. Le partage entre les étourdies et les avisées s'opère sur la présence ou non au moment crucial.

La difficulté vient de ce que l'époux — en clair : le Christ — a du retard. La fin du monde n'est pas pour tout de suite, quoi qu'en disent tous les prophètes de malheur. Mais au beau milieu de la nuit du monde, voici que l'époux s'annonce. Et il faut aller à sa rencontre avec ses propres ressources, sans pouvoir compter sur les capacités des autres. Etre là quand il est là. Etre présent au bon moment. La porte de la noce ne s'ouvre qu'à celles qui sont prêtes. Sinon, le jugement est terrible : « Je ne vous connais pas. Vous ne serez pas à la noce ! »

« Comment veiller, puisque nous sommes obligés de dormir ? » se demande saint Augustin. Et il répond : « C'est le cœur, c'est la foi, c'est l'espérance, c'est la charité, ce sont les bonnes œuvres qui doivent veiller en nous » (sermon 93). En chaque fin d'année liturgique, nous sommes invités à un programme de vigilance. Comme une sorte de dernière consigne du Jésus terrestre.

La veille chrétienne concerne d'abord celui qui s'annonce, mais dont le surgissement dans le temps n'est pas connu à l'avance : le Seigneur. Elle peut se vivre dans un grand sentiment de l'altérité de Dieu, refusant tous les courts-circuits qui réduisent le Tout-Puissant à la mesure de notre besoin. Mais elle peut s'exprimer aussi dans une vive conscience de la présence du Christ à nos côtés dans cette vigilance. Combien d'entre nous n'ont pas été réveillés de leur torpeur spirituelle en recevant, comme adressée à eux-mêmes, la parole du Christ : « Veillez avec moi » ? Tenir compagnie au Christ en agonie qui prie avec nous et en nous.

Mais l'attention chrétienne doit se porter aussi rapidement sur l'actualité des hommes et sur la véritable orientation de leur présent. Le croyant, à l'écoute de ses frères et sœurs en humanité, doit faire la distinction entre la folie et la sagesse à chaque moment de l'histoire. Sa fréquentation de la Parole de Dieu, sa pratique du discernement l'aident à percevoir les enjeux des événements, la portée spirituelle es évolutions. Tout ne concourt pas au bien de l'homme. Et s'il n'est pas là pour peindre en noir les promesses multicolores d'un bonheur à portée de main vanté par la publicité, le chrétien témoigne, par son comportement et sa parole, du sérieux de la vie, de l'enjeu ultime du quotidien.

Dans l'affaire, le plus délicat est peut-être la vigilance à l'égard de soi-même. Certes, le christianisme n'est pas d'abord une centration sur soi et ses petits soucis, une mise en musique céleste du « chacun pour soi » contemporain. Mais rappelons-nous que le meilleur cadeau que nous puissions offrir aux autres est celui d'une humanité désencombrée certes, mais aussi solide sur ses fondements. Si Goethe a pu dire qu'il y avait suffisamment en lui pour faire aussi bien un honnête homme qu'un voyou, c'est que la frontière entre la sottise et la sagesse passe en notre propre cœur.

 

 

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