Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Dimanche 25 Avril 2010, journée de prière pour les vocations.

Pour qu'ensemble nous réfléchissions,  j'ose vous suggérer la lecture d'un ouvrage récent .

VOUS AVEZ DIT VOCATION ? de Christoph Theobald, Bayard

Je vous joins une recension de ce livre, lue dans la Croix hier .

Naturellement les rubriques habituelles sont en ligne :

- Préparer le Dimanche

 - Le mot du Dimanche

 
 
(LAURENT VILLEMIN, recensions, La Croix 22 Avril 2010)

Les temps troublés que nous traversons rendent encore plus vive la question : pour quoi suis-je vraiment fait ? quelle est ma vocation ? Comment être certain de ne pas se tromper ? C’est en constatant que régnait une idée trop floue de ce que l’on pouvait entendre par la « vocation » et « les vocations » que le jésuite Christoph Theobald s’est décidé à écrire ce livre. Il retient une définition large de la vocation : « Le terme “vocation” désigne précisément ce donné gratuit, ce réservoir sans cesse renouvelé d’énergie qui ne cesse d’irriguer l’humanité au plus profond d’elle-même. » La vocation désigne non seulement l’appel à la vie religieuse ou sacerdotale, mais aussi l’appel adressé à chaque chrétien, et d’une certaine manière à chaque humain.

Selon l’auteur, le premier mouvement n’est donc pas de se demander pour quel type d’existence je suis fait personnellement, mais de découvrir que toute existence est une existence appelée. Que faut-il entendre par là ? Que tout est déjà donné gratuitement par Dieu. Ce premier moment permet à chacun de découvrir comment Dieu est le mystérieux sujet d’un acte d’appel. C’est Dieu qui s’adresse à chacun avec cette foi que chaque homme peut entendre et à laquelle il peut obéir. L’obéissance en question ne résulte d’ailleurs que d’une écoute véritable. Alors vient le moment de trouver son propre chemin.

Selon Theobald, cela provoque l’Église à identifier cette expérience d’appel avant de se focaliser sur la figure sociale qui correspondra concrètement à la réponse à cet appel. Pour avancer sur ce chemin, l’auteur nous guide à travers les Écritures et l’histoire de l’Église, jusqu’à nos expériences humaines « dont la fécondité mystérieuse, écritil aussi, est la promesse que Dieu fait à chacun ». En s’appuyant largement sur des récits, sur des grandes figures de la tradition chrétienne, il présente d’abord ce qui permet l’accès à une vie intérieure avant de fournir des critères plus pratiques et des règles de discernement.

Se dégage alors un véritable itinéraire jalonné de plusieurs étapes : entrer dans un climat de prière et d’écoute intérieure, formuler des alternatives, demander conseil à autrui, éprouver la paix intérieure, prendre une décision, attendre et recevoir une confirmation. Les questions épineuses ne sont pas éludées. Par exemple : que faire quand l’appel de l’Église ne coïncide pas avec ce que j’éprouve intérieurement ? Comment échapper à l’illusion sur soi-même ?

Ce livre est nourri à la fois de la tradition ignatienne en termes de discernement, d’une lecture exigeante et nourrissante des Écritures, des intuitions développées par ailleurs sur la pastorale de l’engendrement, de sessions animées par l’auteur pendant plusieurs années, et d’un accompagnement de situations pastorales notamment dans le cadre de la pastorale hospitalière, ou en monde rural.

L’ouvrage vient combler un manque flagrant dans le domaine des études consacrées à la théologie de la vocation. Il a aussi le mérite d’être de lecture accessible et non technique, ce qui, reconnaissons-le, n’est pas toujours le cas pour tous les ouvrages de Christoph Theobald. Il devrait donc connaître un succès bien au-delà du cercle des « spécialistes » de la vocation.

 

 

Partager cet article

Repost 0