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(Alain Weidert, Animateur d’Ateliers-Concile Vatican II, Article mis en ligne sur le site de la Conférence des baptisés)

Qui offre le sacrifice de l’Eucharistie ? Relisons quelques textes publiés dans l’aura du Concile Vatican II, ils nous enchanteront par leur acuité christologique. Il est urgent de les connaître et de leur donner chair. Condition sine qua non pour ne pas être submergés par l’infiltration insidieuse de rituels et de gestes réparateurs, acolytes des religions préchrétiennes. Ceux-ci trahissent une théologie et un ordre divin au service d’un dieu dont on peut se demander comment il a pu à ce point subvertir le Père dont Jésus de Nazareth était le confident.

Dans la présentation générale du Missel romain nous trouvons : « Dans la célébration de la messe, les fidèles constituent le peuple saint, le peuple acquis par Dieu et le sacerdoce royal, pour rendre grâce à Dieu et pour offrir la victime sans tache : l´offrir non seulement par les mains du prêtre, mais l´offrir avec lui et apprendre à s´offrir eux-mêmes » (n°95). Un peu plus loin : « Ils constitueront un seul corps que ce soit en écoutant la parole de Dieu, ou bien surtout par l´oblation commune du sacrifice et la participation commune à la table du Seigneur.» (n°96). Dans la constitution du Concile sur la liturgie nous pouvons lire à propos des laïcs « …qu’offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi en union avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes » (48).

Dans la Constitution Lumen gentium il est écrit : « C’est pourquoi les laïcs, en vertu de leur consécration au Christ et de l’onction de l’Esprit Saint, reçoivent la vocation admirable et les moyens qui permettent à l’Esprit de produire en eux des fruits toujours plus abondants. En effet, toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leurs détentes d’esprit et de corps, si elles sont vécues dans l’Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie, pourvu qu’elles soient patiemment supportées, tout cela devient « offrandes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus Christ » (cf. 1 P 2, 5), et dans la célébration eucharistique, rejoint l’oblation du Corps du Seigneur pour être offert en toute piété au Père. C’est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même» (34).

Que le prêtre ne soit plus l’unique personne à offrir le sacrifice de la messe, en tant que sacrificateur et victime, est une hérésie théologique et liturgique aux yeux des antis conciliaires. Un pas de trop pour eux, trop peu marqué pour nous ! Car que penser de la prière de louange (doxologie) par laquelle est conclue la prière eucharistique : « Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles » ? Elle est dite par le prêtre seul pendant qu’il tient élevés la patène et le calice (petite élévation). Dans l’aura du Concile Vatican II et dans l’esprit des textes rappelés ici, cette doxologie devrait être au quotidien la prière constante et spontanée de tout baptisé. Y compris donc lors de la petite élévation à la messe où, tout en prononçant cette louange, il serait juste et bon que tous lèvent également une main en geste d’offrande. Non plus un (célébrant) pour tous mais tous en Un !

Dans l’après Concile, les assemblées devenues célébrantes prirent l’habitude de prononcer cette acclamation avec le président de l’assemblée, jusqu’au jour où il fut stipulé que c’était un abus (1), elle était domaine réservé. Rafraichissons notre mémoire, il aurait été impensable dans la période préconciliaire que les fidèles assistant à la messe disent le « Notre Père ». Encore moins en levant les mains ! C’était une prière que seul exprimait alors le célébrant au nom de l’assemblée (2)…et pourtant !

A la veille d’une Nouvelle Evangélisation, d’une Année de la foi et des Cinquante ans du Concile les baptisés ont le droit et le devoir pressant de recouvrer toute l’acuité de leur héritage, leur authentique charge sacerdotale. Ils méritent d’accomplir, « dans le Christ », des gestes au diapason de leur christologie et non de vivre d’une théologie induite par des gestes religieusement inexpugnables. Sans la valorisation théologique et liturgique de ce qui, pour tous les baptisés, est l’indépassable Vocation à cohériter du Christ (Rom 8, 17), la succession christique (!), l’espoir placé dans ces trois événements programmés passerait par la trappe du religieusement convenu, intouchable. Le temps de la fleur en-sainte est révolu, vient maintenant celui de son éclosion dans le jardin des femmes et des hommes de ce temps.

 (1) – Instruction Inaestimabile donum, avril 1980.

- Instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres, août 1997.

(2) – Missel quotidien des fidèles, Mame 1958.

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